Un mémento sur les ateliers de l'évaluation a été présenté lors de cette journée par les auteurs Thierry Rivard, sociologue et directeur du Lerfas (Laboratoire Étude, Recherche, Formation en Action Sociale), et Antoine Anderson, fondateur et consultant du cabinet GuidFi (Guide des Financements de projets).
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Dans les politiques publiques, la question de l’évaluation est dorénavant systématiquement présente. Mais il est rarement fait état des différentes conceptions développées en la matière. L’emploi de la notion d’évaluation au singulier pourrait laisser entendre qu’il s’agit d’une définition unique, partagée. Le passage en revue de la littérature sur le sujet montre au contraire une très grande diversité des approches, des conceptions et des perspectives théoriques. Dès lors, il convient de saisir ces différentes manières d’appréhender l’évaluation afin de pouvoir choisir la démarche à engager, et surtout adopter un point de vue raisonné. Ces différents aspects sont abordés essentiellement dans le premier chapitre consacré à la manière dont le regard est orienté.
Les ateliers ont été aussi l’occasion d’aborder des questions méthodologiques en insistant sur le fait que, à l’encontre des idées reçues, il ne suffit pas de rassembler des informations, de remplir des tableaux de données, pour évaluer. Les indicateurs ne sont que des éléments qui, s’ils sont pertinents et structurés, vont permettre d’analyser, d’observer, de comprendre. Une fois les tableaux remplis, l’évaluation reste à faire.
L’évaluation est une démarche qui vise à produire de la connaissance. Il y a bien un point de vue à cultiver, des méthodologies à définir au regard de celui-ci, un traitement et une analyse de données. En bref, il s’agit d’une démonstration qui vient étayer un point de vue raisonné sur l’action conduite et les conditions dans lesquelles elle a été menée.
La démarche de production de connaissance suppose la mise en oeuvre d’une méthodologie. Il s’agit de penser les outils permettant de recueillir les informations sur lesquelles les conclusions pourront prendre appui. D’où un ensemble de questions essentielles : Comment s’y prendre pour connaître ? Quelles sont les questions que l’on veut traiter ? Comment observe-t-on ?
Il est courant de considérer qu’il ne peut y avoir de recherche sans que celle-ci ne trouve écho dans des questions (de départ). Cette proposition peut se transposer à la démarche d’évaluation. Elle vient remettre en cause certains lieux communs constamment répétés à savoir que le premier temps de la démarche d’évaluation repose sur le « choix des indicateurs ». La question des indicateurs est fondamentale. Mais une démarche ne saurait commencer par le choix de ceux-ci. Il s’agit avant tout de les raisonner, de les construire. Un indicateur n’a de sens que s’il peut être raccroché à un questionnement, une hypothèse.
Enfin, et compte tenu de l’orientation de travail retenue, il convient de mettre l’accent sur la constitution des données. L’enjeu tient dans la capacité à construire un système d’observation permettant par la suite de pouvoir objectiver les analyses, d’étayer le point de vue évaluatif sur une démonstration. Elle suppose traitement, exploitation et analyse de matériaux.
Les différentes étapes présentées dans ce guide visent à faciliter la mise en oeuvre d’une démarche d’évaluation de la politique de la ville. L’objectif est que la majeure partie des sites disposent de bases consolidées pour concevoir la mise en place, lancer la réflexion et identifier les travaux à conduire en 2009.
Les aspects relatifs à la conduite d’investigations spécifiques, sous la forme d’enquêtes, n’ont pas été abordés lors de ces journées de formation. Les principales méthodes sont mentionnées à titre d’information. De la même manière, la partie exploitation de données n’a pas été développée. Autant d’aspects pratiques et opérationnels qui pourront donner matière à de prochains séminaires, dans les mois à venir, en lien avec l’avancée des travaux.