« Traverser les déserts et les océans »

« Traverser les déserts et les océans »

Culture et migration – Faire de nos différences une force

Quand l’IUT Communication et valorisation de la création artistique (CVCA) d’Issoudun s’est rapproché du conseil citoyen d’Issoudun pour travailler ensemble et définir des projets tutorés pour les étudiant·es, le conseil citoyen n’a pas hésité. La problématique proposée  « travailler avec les demandeurs d’asile pour que la diversité soit vue sous son prisme enrichissant ».

Quatre étudiantes ont répondu présentes et ont décidé d’attraper à bras le corps ce sujet. Le conseil citoyen a organisé une première rencontre avec un groupe de migrants puis le projet a été conçu avec eux. « Dans une salle mise à disposition par la Maison Expression Loisirs Issoudun (MELI) , ils se sont vu tous les mercredi pour échanger sur ce qu’ils voulaient faire ensemble, les problématiques qu’ils souhaitaient aborder, ils étaient libres et forces de proposition. Beaucoup étaient intéressés par apprendre le français et par faire du théâtre ». Aurore Pace, dramaturge et metteur en scène, a donc été invité à travailler avec eux sur l’expression et l’écriture par le biais d’ateliers réguliers. L’aboutissement du projet devait être un spectacle. « mais la crise sanitaire a frappé . Cependant le projet a continué : les réunions ont eu lieu par whatts app, des travaux d’écriture étaient à faire entre deux séances ! » Malgré cette persévérance , la conclusion du projet sur scène ne pouvait plus avoir lieu, d’où l’idée d’éditer un livre.

«  Traverser les déserts et les océans – Moments de vie », le titre a été proposé par les migrants. Les textes sont les leurs. « Aly, Djybril, Oumar, Bareima, Boubacar, Moustapha, Hafiz, Mamadou, Alpha, Ousmane, Amisto, Moussa, Mamadou. Ensemble, ils ont écrit, parlé, crié, ri, ils se sont instruits, ils ont pratiqués, ils ont rencontré et ont découvert. »

Bertrand Tchokouango, conseiller citoyen, rappelle « ça a été un véritable d’équipe, plusieurs personnes ont mis de l’énergie dans ce projet ». L’association Têtes d’affiche a également œuvré à la faisabilité du projet.

Trois cents exemplaires ont été édités et mis à disposition à la médiathèque, au centre culturel, à l’office du tourisme, à la permanence de la Nouvelle République, dans des magasins. Ils sont tous partis ! Bertrand Tchokouanga précise « Il ne m’en reste plus qu’un ! »

Honoré d’en avoir un exemplaire à Villes au Carré, il nous a semblé naturel de donner de la voix à ce projet. Et si vous souhaitez le lire, nous vous le prêterons volontiers !