Atelier #3 – La valorisation du patrimoine bâti en coeur de ville

Atelier #3 – La valorisation du patrimoine bâti en coeur de ville

Le cycle des Ateliers Cœur de ville est proposé et animé par Villes au Carré dans le cadre de sa mission d’animation du réseau régional des acteurs du programme Action cœur de ville que lui ont confiée la Préfecture de Région et la Région Centre-Val de Loire

Avec ce troisième atelier nous avons exploré la manière dont les collectivités et les services de l’Etat saisissent l’enjeu de valorisation des patrimoines architectural et bâti dans les démarches de revitalisation des cœurs de ville.  

En région Centre-Val de Loire, les centres anciens de la plupart des villes de taille moyenne ou plus petite offrent au regard un bâti et des monuments chargés d’histoire. Ces patrimoines, parfois très abîmés par le temps, constituent un élément de l’identité locale, mais ils sont aussi une lourde charge pour les collectivités comme pour les particuliers qui les possèdent. Dès lors, pour la DRAC et ses services chargés d’assurer la protection de ce patrimoine commun, l’enjeu est d’accompagner les collectivités dans la construction d’une stratégie de long terme pour inscrire bâtiments et monuments dans la nouvelle dynamique des coeurs de ville : recomposition urbaine, nouveaux usages des bâtiments, recherche de financements et de partenariats…

Le programme Action Cœur de Ville a identifié la conservation et la mise en valeur du patrimoine et de l’architecture comme un atout et un enjeu majeur pour la revitalisation des centres anciens. Les Villes de Bourges et Châtellerault témoigneront toutes les deux de l’opportunité qui leur a ainsi été offerte de donner une ampleur nouvelle à leurs démarches patrimoniales.  

L’atelier s’est déroulé le 9 septembre 2021 en visioconférence autour de trois trois interventions : 

  • Sandrine Demoulin-Noirclerc, Directrice culture patrimoine tourisme – Ville de Bourges 
  • Luc Forlivesi, Conservateur général du patrimoine – DRAC Centre-Val de Loire 
  • Thierry Fèvre, Directeur général adjoint du développement local et de l’aménagement – Communauté d’Agglomération-Grand Châtellerault, Julien Perrin, Responsable maîtrise d’ouvrage urbaine-Ville de Châtellerault & Céline Champagne, Directrice de projet « Action Cœur de Ville » – Communauté d’Agglomération Grand Châtellerault

La mise en place d’une stratégie patrimoniale à Bourges

ACV, je l’ai vécu comme une opportunité au moment de ma prise de fonction il y a trois ans, pour rendre visible la nécessité d’une stratégie patrimoniale” indique Sandrine Demoulin-Noirclerc. De fait, quand cette professionnelle au parcours multiple dans les domaines de la culture et du patrimoine est recrutée à Bourges en 2018, tout est à construire. Hasard des calendriers, c’est l’année du lancement du programme Action Coeur de ville. Outre sa cathédrale inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, Bourges possède de nombreux monuments classés ou inscrits à l’inventaire des monuments historiques et un important bâti ancien. Faire alliance avec la directrice du projet ACV lui semble une évidence : pas de revitalisation du cœur de Bourges sans mise en valeur des tous ces bâtiments. Ensemble, les deux directrices vont nourrir avec les services municipaux (urbanisme, services techniques,  une approche plus transversale des problématiques du cœur de ville et l’équipe dédiée au patrimoine va s’étoffer avec l’arrivée de nouvelles compétences. L’appui des services de la DRAC Centre-Val de Loire et le portage politique de l’enjeu patrimonial sont les deux autres éléments moteurs soulignés par Sandrine Demoulin-Noirclerc. Aujourd’hui, Bourges franchit une nouvelle étape en déclarant sa candidature pour être capitale européenne de la culture en 2028. “Défi fou et vrai élan donné à la ville et à son territoire ”, d’intenses années de mobilisation s’ouvrent pour tous les acteurs et partenaires qui vont s’appuyer sur la dynamique créée avec Action cœur de ville. 

Replay de l’intervention jusqu’à 13:53 minutes 👇

Valoriser le patrimoine : l’implication de la DRAC aux côtés des collectivités 

Le message de Luc Forlivesi est sans détours “les services de l’État ne sont pas là pour donner des leçons aux collectivités locales. Il faut réussir à comprendre les intérêts de chacun”. Et pour se comprendre rien de mieux que se parler! Il rapporte ainsi qu’à Bourges les services de la ville et ceux de la DRAC ont élaboré un lexique commun, pour savoir ce que chacun met derrière les mots et acronymes. Il cite aussi l’exemple des “ateliers des territoires” conduits à Romorantin-Lanthenay et Gien  sous l’impulsion de la DREAL Centre-Val de Loire et accompagnés par une équipe pluridisciplinaire (Agence Folléa-Gautier, mandataire d’une équipe  avec: Atelier LMA, FutUrbain, Vizea). Des ateliers de co-construction, réalisés en mode projet, avec de nombreux échanges entre les acteurs impliqués dans les deux villes. 

La co-construction des projets est l’une des clés pour réussir les opérations de valorisation du patrimoine. “Si des contraintes patrimoniales pèsent sur certains bâtiments, il est préférable de les connaître le plus tôt possible, bien avant d’engager le dossier dans les différentes procédures de consultation” plaide Luc Forlivesi. Porteur de l’idée qu’on ne peut pas muséifier les centres anciens des villes, il indique que les bâtiments patrimoniaux ont toujours vu leurs affectations évoluer avec les besoins et contextes. Inscrire les patrimoines dans la dynamique de revitalisation des cœurs de ville lui semble un bon moyen d’assurer leur préservation. Au préalable, il rappelle qu’il faut prendre le temps du diagnostic et de l’élaboration partagée d’une stratégie à 10 ou 15 ans. “La précipitation est le pire ennemi d’une stratégie patrimoniale apaisée”. Voilà qui est dit !

Fiches dispositifs de la DRAC : 

Replay à partir de 13:53 minutes 👇

Retour d’expérience de Châtellerault-Grand Châtellerault

Châtellerault avec un peu plus de 30 000 habitants est emblématique des villes moyennes françaises frappées par le déclin de leur centre. Quand la ville est retenue dans le programme Action Cœur de ville en 2008, elle est engagée depuis plusieurs années dans la mise en valeur de ses patrimoines. Les professionnel·les à qui va être confié le dossier ACV sont les mêmes que ceux qui travaillent déjà sur la valorisation du patrimoine. Sous la direction de Thierry Fèvre, ils vont très tôt mettre en place une approche intégrée de toutes les problématiques du cœur de ville et gagner en compétence ensemble, soutenu par des bureaux d’études extérieurs. Mais ils ont un autre atout maître dans leur jeu, il se nomme Maryse Lavrard, 1ère adjointe au maire, déléguée à l’urbanisme et au patrimoine. Pour Maryse Lavrard, un changement d’image du centre-ville, aux yeux de ses habitants en tout premier lieu, est une condition sine qua non pour lui donner un nouveau souffle. La ville possède un patrimoine architectural et historique important, elle est aussi traversée par la Vienne dont les quais n’ont jamais été valorisés. La réhabilitation de l’ancienne manufacture d’armes qui accueille désormais de nombreux équipements et l’aménagement des bords de Vienne vont créer le déclic. Avec du temps et de la patience, dit Julien Perrin, les équipes réussissent à promouvoir des interventions cohérentes sur le bâti ancien et à convaincre des investisseurs privés de s’engager (ce qui semblait impossible quelques années auparavant). Là encore, le travail avec les services de l’Etat est primordial et les temps de travail très réguliers. Tous les outils existants sur le plan réglementaire (y compris contraignants) et financiers sont activés pour obtenir des résultats visibles et lancer une dynamique nouvelle. Cela semble bien être chose faite si l’on écoute Céline Champagne commenter les projets en cours dans le programme Action Coeur de Ville qui déploient la stratégie patrimoniale châtelleraudaise. 

Présentation à télécharger

Replay à partir de 40:52 minutes 👇


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