Le Cycle «  Et si les quartiers populaires entraient en transition ? »

Le Cycle « Et si les quartiers populaires entraient en transition ? »

Retour sur la visioconférence du 20 janvier – Fresque de la Renaissance écologique

Villes au Carré s’engage dans un nouveau programme qui vise à révéler les leviers de la politique de la ville pour renforcer la prise de conscience de la vulnérabilité des quartiers et de leur potentiel de résilience. Cela passe par la diffusion d’une culture générale pour partager les enjeux de la justice écologique et sociale et le développement de nouvelles méthodes cognitives et de recherche de solutions par et avec les habitant·es.

Ce programme d’actions s’inscrit dans le mouvement lancé, fin décembre 2021, par la Région Centre-Val de Loire en se déclarant en État d’urgence climatique et sociale. Tous les territoires sont appelés à prendre leur part, pour démontrer que des solutions existent et peuvent être démultipliées.

Transitions et politique de la Ville  

Lancés en 2015, année de la résolution de l’ONU sur les 17 Objectifs de Développements Durables (ODD), les contrats de ville n’ont pas intégré les transitions comme une priorité. Et pourtant, si les habitants des quartiers ont de fait un mode de vie plus sobre que la moyenne nationale, ils sont plus vulnérables face aux crises économiques, sociales et sanitaires, aux dérèglements climatiques..

L’évaluation des contrats de ville est une opportunité pour questionner les actions déjà en cours au sein des quartiers prioritaires et les trajectoires envisageables pour permettre l’émergence de quartiers résilients. Villes au Carré propose aux acteurs de la politique de la ville de les accompagner dans cette démarche à travers des évaluations-prospectives pour repérer toutes les ressources existantes, les défis et les transformations nécessaires à inscrire en priorité dans les prochaines contractualisations. 

Promouvoir une vision résiliente de l’avenir

Ce cycle est ouvert par l’intervention de Mohamed AMJAHDI, directeur de l’ADEME Centre-Val de Loire qui a présenté les différents champs d’intervention de l’ADEME :

  • 1) investiguer, mettre à disposition des acteurs de la connaissance
  • 2) convaincre et mobiliser en formant les acteurs, les citoyens
  • 3) accompagner, orienter les porteurs de projets, créer des partenariats
  • 4) soutiens financiers de projets.

Il souhaite soutenir des expérimentations permettant de faire avancer les transitions environnementales et sociales les quartiers prioritaires.

Cécile Dublanche a fait le lien avec la nécessaire mobilisation du droit commun dans la politique de la ville. Les aides de l’ADEME soutiennent des dispositifs qui doivent prendre en compte les spécificités des quartiers. C’est le sens de ce nouveau cycle. Ce thème des transitions dans les quartiers est porté par plusieurs centres de ressources de la politique de la ville qui viennent de publier une contribution pour l’Agence Nationale de Cohésion Territoriale intitulé Politique de la ville et Transitions.

 

 

 

 

👈 Contribution pour l’Agence Nationale de Cohésion Territoriale :  Politique de la ville et Transitions

 

Julien Dossier, créateur de la fresque de la renaissance écologique est intervenu pour présenter une vision d’un avenir résilient. La fresque de la Renaissance Écologique tire son nom de la référence à la fresque des « Effets du bon et du mauvais gouvernement » peinte à la Renaissance à Sienne par Ambrogio Lorenzetti. Pour ne pas rester dans le passé, il a fait un travail d’adaptation de la fresque de Lorenzetti, avec l’aide d’un illustrateur Johann Bertrand d’Hy, pour transposer ses composantes, et reprendre ses fonctions mais en les illustrant avec des codes de notre société, nos techniques, nos paysages… 

Lors de son intervention, Julien Dossier montre les analogies qu’il y a entre notre société et “les effets du Mauvais gouvernement” sur la biodiversité, sur la gouvernance, le développement de la peur…
Ces éléments pourraient nous priver d’espoir, mais il montre en faisant le parallèle avec la fresque des effets du bon gouvernement d’Ambrogio Lorenzetti, qu’en changeant de point de vue, il y a un très gros potentiel de mobilisation des différents acteurs dans la perspective de construire le bien commun. La fresque met en avant un cadre de vie dans lequel la solidarité, la fraternité peuvent s’exprimer. Il fait le parallèle avec la politique de la ville, qui cherche à rendre  la vie des habitants plus apaisée, heureuse, épanouissante, fédératrice, forte d’actions et de production, source de rencontre, de dialogue, de complémentarité. “Il y a de la place pour tout le monde dans cette fresque”.

 

 

 

 

 

 

Julien Dossier, interroge les différents chantiers : famille, culture, consommation de proximité, finance, éducation, gouvernance…. Ils sont le socle d’une vision systémique qui permet d’éviter d’aborder la transition en silo, sans réfléchir aux impacts d’actions environnementales sur le social ou inversement. 

Après avoir répondu aux questions des participants, il montre la flexibilité de la fresque qui peut s’adapter à différents publics, quels que soient les enjeux et les objectifs : du coloriage par de jeunes enfants aux réflexions stratégiques pour des élus.

Cécile Dublanche et Élisabeth Richez ont, ensuite, présenté le programme du cycle «  Et si les quartiers populaires entraient en transition ? » que va animer Villes au Carré.


Contact : Élisabeth Richez – elisabeth.richez@villesaucarre.org